André Marchand

André Marchand est un peintre, dessinateur et lithographe né Aix en Provence en 1907 et décédé à Arles,1997. Récompensé par le prix Paul Guillaume en 1937 pour son tableau la jeune femme et le paralytique, il devient le chef de file de la peinture française. Ami des poètes Breton, Jacob, Saint-John-Perse, Queneau, de Darius Milhaud et des peintres Bonnard, Braque et Grüber, il est un artiste incontournable de sa génération. En 1945, il réalise une exposition à la nouvelle Galerie parisienne de Maeght où ses célèbres « baigneuses noires », lui valent l’éloge des critiques de Chastel à Leymarie. Pierre Cabanne écrit à son sujet : « Notre génération l’a découvert après la guerre et l’a regardé comme l’un de ses Maîtres ». Lassé des artifices de la vie parisienne, il décide de se retirer dans la nature à laquelle il voue un amour fusionnel. Il installe des ateliers en Bourgogne dès 1946, à Arles dès 1950 et plus tard en Bretagne, à Belle-Isle-en-Mer dans l’environnement desquels il trouve son inspiration. Sa peinture cherche à exprimer la puissance de la nature à travers les motifs du paysage, de la femme, déesse de la fécondité, et des natures mortes qu’il préfère intituler « vies silencieuses ». Des expositions autour du monde lui sont consacrées depuis les années cinquante, Biennale de Venise, Sao Paulo, etc. et ses œuvres figurent dans les plus grands musées, Musée national d’art moderne de Paris, Musée d’art moderne, FNAC, etc. Le Musée Estrine est le musée légataire de son oeuvre puisqu’il a bénéficié d’une donation de plus d’une centaine d’œuvres et participe désormais à la valorisation et au rayonnement de cet artiste.

André Marchand

La fleuriste, 1937

Portrait de la Fleuriste ou La fleuriste de 1937 est un des premiers exemples d’un type de portrait que l’artiste met en place dans ces années trente et qu’il déclinera à maintes reprises tout au long de sa vie. Une femme est représentée dans un intérieur méditerranéen (à la chaux) très épuré, ouvrant, par une porte, sur un paysage désertique. Ce portrait date de 1937, année ou Marchand reçoit le Prix Paul Guillaume pour la Jeune femme et le paralytique, œuvre sombre et symbolique de l’ensemble de cette période. Contrairement à ce dernier, le portrait de la jeune femme (fleuriste) n’est pas stylisé. Marchand a voulu s’approcher au plus près de la réalité et représenter fidèlement les traits du visage de cette jeune femme. Il fait écho en cela à un grand nu Le sommeil où l’on retrouve la même personnification du modèle. Tout le travail plastique sur les modelés et les rendus de textures, des vêtements à la peau en passant par les fleurs est extrêmement délicat et vient rompre avec le style précédent volontairement plus aride et schématique. La ligne s’est arrondit et dessine le corps en mouvement de cette jeune fleuriste. Le paysage au ciel bleu de la partie droite est traité avec plus de sécheresse venant contraster le portrait en pied à l’intérieur de l’œuvre. Deux univers liés par le bouquet de fleurs qui échappe à tout dans son traitement et dans sa localisation, le ciel, et qui incarne le passage entre ces deux mondes. Celui désertique presque vide du paysage et celui bien rempli et vivant de cette jeune femme. Une peinture originale, d’une sensualité rare, qui illustre métaphoriquement un thème cher à l’artiste : La Mélancolie. La Beauté éphémère et le temps qui passe sont symbolisés par le bouquet de fleurs qui ne tardera pas à perdre son éclat.