Les animaux de Rebeyrolle

18/03/2017 - 23/07/2017

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Cette exposition revient sur l’œuvre exceptionnel de Paul Rebeyrolle avec comme fil conducteur l’animal. Considéré comme le peintre français le plus important de sa génération par les philosophes Jean-Paul Sartre et Michel Foucault, Rebeyrolle appartient au renouveau de la figuration au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il participe au groupe « L’homme Temoin » avec des artistes comme Bernard Lorjou et Bernard Buffet qui revendiquent une peinture réaliste accessible à tous, dépouillée de la séduction de la couleur, centrée sur le dessin et s’inscrivant dans la grande tradition de la peinture classique.  Au début des années soixante son expérimentation picturale l’amène à intégrer physiquement des éléments du réel au sein même de l’œuvre : paille, terre, cailloux, bois et grillage, faisant s’engager le monde entier dans la peinture. Dans cette quête d’être au monde, l’animal occupe une place centrale, il est à la fois le symbole de la grande nature adorée, celle de la chasse, de la pêche, des paysages du Limousin (sa région natale), de la peinture de Courbet et en même temps le témoin des dérives des mondes contemporains.

« Certes, Paul Rebeyrolle a toujours dit que le chien était son animal préféré. Mais cet enfant de Goya et Soutine était avant tout une bête des bois. Un sanglier de la catégorie des gros noirs.

Ses bêtes auront été parmi ses plus belles réussites. Pour elles, il prenait tous les risques : « Si je peins un chien, me disait-il, j’aime bien qu’il ait des poils. Je vais prendre du crin. Les serpents ou lézards, ils seront en paille de fer dont je fais une consommation qui intrigue ma droguiste. Pour faire un hérisson, je me servirai d’une brosse en chiendent… Voilà où mène le naturalisme. » 

Franz Olivier Giesbert