L’espace du dessin, le dessin dans l’espace

Exposition
26/09/2016 - 30/11/2016

affiche A3

Le dessin dans l’espace/L’espace du dessin

Cette exposition est née à plusieurs de la volonté de « faire voir » la variété du dessin contemporain. Six lieux se sont ainsi associés dans le temps de La Saison du dessin de Paréidolie, salon international du dessin contemporain afin de proposer un cheminement, une réflexion autour de ce sujet-medium.
Le relatif éloignement de nos structures et leur singularité permettent de dresser un véritable panorama des formes que peuvent revêtir aujourd’hui le dessin.
Le Musée Estrine est très heureux de présenter les travaux de sept artistes contemporains aux pratiques et aux écritures différentes mais pour qui le dessin occupe une place centrale voir essentielle dans leur production artistique. Baltasar s’inscrit dans la tradition classique d’un dessin quotidien abordant la question du rythme spatial, Laetitia Gendre interroge l’image un pied chez Aby Warburg l’autre aux frontière de l’espace et de l’architecture, Cécile Granier de Cassagnac nous plonge dans un monde onirique où évoluent des couleurs aux matières délicates et sensuelles et aux formes hybrides tantôt animales, tantôt végétales et tantôt minérales. Jérôme Loisy réfléchit sur les traces du sculpteur et cette quête structurelle indissociable des deux médias : chercher la trace et sa forme. Nelly Maurel refait le trajet effectué par Antonin Artaud (1936-1937) et mixe des faits réels et fictifs, sous forme de dessins et d'objets syncrétiques, en rapport avec la croyance, la magie et le rite initiatique. Karine Rougier, quant à elle, jubile à réécrire des histoires en superposant dessin et gravure accumulant les temps avec, à la fois, beaucoup de légèreté et de mélancolie. Enfin, Julien Tardieu cherche le signe partout à la manière d’un architecte radiographe qui révèle l’invisible comme une évidence.
Tous ont bousculé la notion même de dessin en s’aventurant dans l’univers de l’écriture littéraire, de la peinture, de l’architecture de la sculpture, de la vidéo, de la gravure ou encore du collage. Le résultat de ces croisements ne produit aucunement des juxtapositions ou des superpositions à l’infini, mais bien une réinvention profonde des possibilités du dessin. Il apparaît, dès lors, d’une souplesse extraordinaire qui lui permet d’accueillir toute la multiplicité des propos artistiques contemporains retrouvant ainsi sa définition initiale, à la fois pratique artistique et intention : dessin versus dessein. Cette nature si particulière en lien direct avec la pensée, son exceptionnelle facilité d’exécution en font un terrain privilégié de recherches contemporaines pour des artistes qui n’ont eu de cesse de rendre l’intime public cherchant à retrouver ce fil qui ouvre l’idée au monde.
Espérons que le dessin continuera longtemps d’être « à la mode » comme il l’est aujourd’hui, accompagnant les révolutions artistiques en se transformant et en se réinventant comme il n’a eu de cesse de le faire depuis plusieurs siècles.