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Antoine de Margerie

Exposition
05/09/2015 - 29/11/2015

Cette exposition est la première rétrospective organisée par un musée depuis son décès survenu en 2005. Elle réunit une cinquante d’œuvres abstraites -peintures et papiers-réalisées sur presque quarante ans. Le Musée Estrine souhaitait depuis longtemps illustrer cette tendance de l’art moderne et contemporain en hommage à Albert Gleizes dont les recherches ont été fondamentales dans l’émergence de l’abstraction. L’œuvre puissante d’Antoine de Margerie, installé à Sanilhac à quelques dizaines de kilomètres de Saint Rémy de Provence ne pouvait pas mieux correspondre à cette volonté.

Antoine de Margerie est peintre mais aussi dessinateur aquarelliste, pastelliste et graveur. Formé à l’Ecole du Louvre où il rencontre sa femme Anne Guillet, il décide, en 1964, de se consacrer exclusivement à la peinture. Sa première manière pourrait être définie comme une figuration psychédélique aux formes ondulantes et aux couleurs vives. Mais très vite, il bascule dans une abstraction conceptuelle inspirée de Mondrian et Malevitch où la rigueur de la forme s’associe à l’aplat pour donner des compositions strictes dominées jusqu’aux années quatre-vingt par la courbe. Peu à peu celle-ci laisse place à la vibration tonale et au crépitement de la couleur venant littéralement transcrire la lumière et ses variations rythmiques.

Comme l’écrit Anne Tronche, sa biographe « Tout semble vouloir produire un rythme lent mais souple, comme si le traitement du tableau au travers de cette abstraction introduisait le sentiment d’avoir à faire à un organisme vivant, doté de lois propres. L’artiste imagine des camaïeux subtils, ou bien casse une orientation monochrome par une couleur qui semble soudain brutaliser un équilibre. »

Entré en 1972 au Salon des Réalités Nouvelles, il en devient le Trésorier en 1990. De nombreuses expositions lui ont été consacrées en France et à l’étranger. Il a notamment représenté la France à la Biennale de Venise en 1980.

Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques comme le Musée national d’art moderne Le Musée d’art moderne de la ville de Paris, le LAC de Dunkerque ou encore la Bibliothèque Nationale de France. Son travail est représenté par la Galerie Gimpel-Müller.

« Pastels, aquarelles, peintures ou gravures, le propos est le même : des formes construites, une gamme simple et pas plus d'une gamme par toile! Comme beaucoup j'ai commencé par être figuratif, mais dans les paysages c'étaient les bordures des champs et l'horizon qui m'attiraient; dans les natures mortes, la table plutôt que ce qu'il y a dessus et dans les intérieurs, les portes, les murs et les placards : c'est sans doute comme ça que j'ai glissé vers l'abstraction. Après, une recherche pousse l'autre. »
Antoine de Margerie